LES ÉTAPES DU PROJET
Un projet photovoltaïque se construit sur plusieurs années et repose sur un cadre réglementaire exigeant. Chaque étape vise à garantir la priorité de la protection de l’environnement et l’information du public.
Les études préalables
Une fois la zone de projet définie, plusieurs études indépendantes sont menées afin d’établir un état initial du site :
- Étude écologique : biodiversité, habitats naturels, espèces protégées, zones sensibles.
- Étude paysagère : analyse du paysage, des points de vue et de la perception visuelle.
Ces études sont réalisées par des bureaux spécialisés et indépendants.
L’étude d’impact et la démarche ERC
Sur la base des études, une étude d’impact environnemental est réalisée. Elle applique la séquence réglementaire Éviter – Réduire – Compenser (ERC) afin de limiter les impacts du projet, par exemple via :
- L’adaptation de l’implantation.
- La préservation de milieux naturels.
- La mise en place de plantations paysagères ou de mesures environnementales.
Dans le cadre de l’autorisation de dérogation au régime des espèces protégées, des mesures de compensation seront mises en place autour du site d’implantation de la centrale solaire avec la plantation de 2,25 hectares de boisements et de 5,55 hectares de fourrés afin de recréer des habitats favorables aux espèces fréquentant le site à proximité. Les travaux se feront également en dehors des périodes favorables à la nidification des espèces afin de ne pas les perturber pendant les périodes critiques à leur préservation.
L’instruction réglementaire
Une fois les études finalisées, la demande de permis de construire a été déposée en Préfecture, qui a ensuite consulté l’ensemble des services et un certain nombre d’entités départementales (voiries, pompiers, etc…) pour donner leur avis sur le projet, et son respect des contraintes et préconisations locales.
La mission régionale de l’autorité environnementale (MRAe) a été sollicitée mais n’a pas jugé nécessaire d’émettre un avis sur le projet, validant ainsi sa compatibilité avec la préservation de l’environnement.
Une enquête publique s’est tenue en mai 2024, permettant à chacun de consulter le dossier et de formuler des observations. Un commissaire-enquêteur indépendant a ensuite remis un avis favorable au préfet, qui a décidé d’accorder le permis de construire en novembre 2024.
Celui-ci était toutefois conditionné à l’obtention d’une autorisation de dérogation au régime des espèces protégées, du fait des impacts résiduels de l’implantation du projet sur la faune et la flore locales.
Le dossier de demande de dérogation au régime des espèces protégées a été instruit par les services de la préfecture et soumis à l’avis du conseil scientifique régional du patrimoine nature des Pays de la Loire. Celui-ci a émis un avis défavorable pointant certaines limites des mesures de compensation envisagées. En s’engageant à réhausser les surfaces de compensation prises en compte pour compenser l’impact du projet et à améliorer les protocoles de suivi environnemental, le porteur de projet a suivi les recommandations du conseil.
Le préfet a donc décidé d’accorder l’autorisation de dérogation au régime des espèces protégées, permettant ainsi au projet d’être administrativement constructible à partir de l’automne 2026.
La construction et la mise en service
Le projet est aujourd’hui constructible d’un point de vue réglementaire, cette année 2026 a donc été consacrée à la sécurisation du financement et des contrats fonciers définitifs.
Les engagements pris pour la préservation des espèces animales et végétales locales empêchent de démarrer toute opération de construction avant septembre, et les premières opérations (débroussaillage notamment) démarreront donc seulement en septembre 2026.
S’en suivront des opérations de terrassement aux alentours de novembre avant la pose des fondations et des structures au cœur de l’hiver. Les modules et le réseau électrique seront ensuite installés pour mars 2027, avant la finalisation du raccordement au réseau de distribution public au cours du printemps et les premiers tests. La mise en service pourra ensuite avoir lieu aux alentours de juin 2027.
Des retombées fiscales sur plusieurs décennies
Un parc photovoltaïque génère des retombées fiscales annuelles pour les collectivités locales (commune, intercommunalité, département), pendant toute sa durée d’exploitation.
En ce qui concerne la centrale solaire de Créans, pour un projet de 6,3 MW, ces ressources fiscales estimées sont de :
- 4 521 €/an pour la Commune de Lhomme ;
- 11 302 €/an pour la Communauté de communes Loir-Lucé-Bercé;
- 6 781 €/an pour le Département de la Sarthe.
Ces ressources dépendront de la puissance finale du projet et sont susceptibles d’évoluer au fil des ans.
Fin de vie et recyclage
Le démantèlement
Cette fin de vie du parc est à la charge de l’exploitant du parc. Les modules et les structures en aluminium sont évacués et les postes électriques sont retirés. Des travaux de restauration sont également menés pour que la parcelle retrouve son état d’avant-projet.
Ces travaux sont facilités par le fait que le parc est dès le début conçu pour intégrer cette dimension de réversibilité.
Le cycle de vie des panneaux photovoltaïques
Le recyclage des panneaux
La collecte et le recyclage des panneaux photovoltaïques font l’objet d’une obligation réglementaire depuis 2002. Ils sont encadrés par la directive européenne sur les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). En France, l’éco-organisme SOREN est en charge de cette filière.
Les panneaux solaires sont recyclables à plus de 94% : leurs composants principaux (verres, plastiques et aluminium) sont recyclés dans des filières industrielles existantes. Dans une logique d’économie circulaire, ils peuvent être réutilisés pour fabriquer de nouveaux modules.